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Esprit de Sel

16 QUESTIONS, 16 RÉPONSES

Dernière mise à jour : 9 septembre 2011

1. Qu'est-ce qu'un « Sel » ?

Un « Sel » est un Système d'Échange Local construit à côté du système monétaire classique. Il regroupe des personnes qui pratiquent l’échange multilatéral de services, de savoirs ou savoir-faire, ou d'objets estimés en unités locales, sans argent, de manière loyale et équitable, au sein d’un territoire de proximité. On le classe généralement dans l'économie sociale et solidaire.

 

2. Sur quels principes se fonde le Sel ?

Le Sel ignore les inégalités sociales en cours. Il crée en son sein des liens entre personnes de toutes origines et situations, valides ou handicapées. Il a un rôle éducatif et social dont chaque membre est responsable. Les membres s'engagent à un « bon vouloir » renforcé à l'égard des personnes handicapées à quelque titre que ce soit.

(Développement sur les trois axes de la philosophie du Sel :)

  • faire vivre des principes solidaires fondés sur le dialogue, la confiance, la convivialité, le lien social et la réciprocité au sein du groupe ;

  • fonctionner de manière démocratique et participative au moyen de structures transparentes et autogérées ;

  • œuvrer dans le respect des équilibres naturels tout en favorisant l’épanouissement des participants, la richesse de leurs différences et le respect du rythme personnel de chacun.

3. Comment fonctionne un Sel ?

Il existe plusieurs modalités de fonctionnement, mais pour la quasi-totalité des Sel, dont le nôtre, les échanges sont mesurés uniquement en référence au temps passé, par une monnaie locale qui se substitue alors à la monnaie courante.

4. Comment se font concrètement les échanges ?

Les membres du Sel utilisent pour leurs échanges des coupons à trois volets (un pour chacun-e des participant-e-s, et un pour le « compteur » du Sel, appelé ici « grenier » ). Ces coupons sont retournés périodiquement au « compteur » ou « grenier » afin que les comptes de chacun-e soient tenus à jour.

5. Qui fixe la valeur des échanges ?

Ce sont les partenaires eux-mêmes qui fixent librement la valeur de chaque échange, évalué en unités. appelées chez nous « grains de sel ». Comme base d'évaluation, nous proposons 60 grains pour 60 minutes, que l'on ait fait une tâche qualifiée ou non : on gagne 60 unités que l'on ait fait la réparation d'un outillage, rédigé une lettre à la caisse d'allocations familiales ou donné un cours de physique. Le nombre d’unités n’est que la mémoire de l’échange, pas sa valeur, car le Sel considère que le lien créé est bien plus important que le bien échangé.

6. Que peut-on échanger ?

Le Sel permet l’échange de services, de savoirs ou savoir-faire et d'objets. La valeur en grains de chaque échange de services est toujours évaluée uniquement sur la base du temps passé, quel que soit le service.Tout membre échange librement, selon son désir et sa disponibilité. Un membre n’est jamais obligé d’accepter une proposition d’échange.

7. Comment les membres du Sel peuvent-ils connaitre les offres et demandes d'échanges ?

Un catalogue des offres et demandes, exclusivement réservées à l'usage des membres du Sel, est régulièrement mis à jour et publié, sous le titre de "Répertoire de richesses", sous forme imprimée et sur l'internet, accessible à tous.

8. Est-il possible de changer des euros en grains ou des grains en euros ?

Non, les grains ne sont pas convertibles.

9. Le système est donc basé sur le troc ?

Oui, mais avec cette différence très importante qu'il ne s’agit pas de troc direct qui consiste à échanger avec une seule et même personne, mais d'un troc qui s’élargit à l'ensemble des membres du Sel.

10. Le Sel a-t-il pour but de se substituer au système économique actuel ?

Non, le Sel ne se pose pas en concurrence avec le commerce et l'artisanat local car il génère des échanges de petits services de proximité ou d'objets qui ne pourraient pas se produire s'ils devaient se régler en euros. Il s'agit essentiellement d’une activité non répétitive et ponctuelle, type « coup de main ». D'ailleurs, les membres du Sel s'engagent à ne pas offrir dans les échanges les services qu'ils proposent au public dans le cadre de leur activité rémunérée. Enfin, dans le Sel, les rapports se traitent d'égal-e à égal-e, d'être humain à être humain en termes d'amitié, de confiance, de « parole », d'utilité sociale, de complémentarité et de liberté.

11. Qui peut adhérer au Sel ?

Toute personne qui partage la philosophie du Sel et qui habite ou travaille habituellement, à Caen, dans le quartier N° 3 : Saint-Gilles – Saint-Jean-Eudes – Calmette – Lebisey – Pierre-Heuzé – Plateau Nord, et celles qui désirent s'y rattacher.

12. Quelle est la forme juridique du Sel ?

C'est une association de type loi 1901, sans but lucratif et de type collégial.

13. Comment le Sel a-t-il été créé ?

Le Sel est né à Caen, au sein du conseil de quartier N°3 et il bénéficie du soutien du pôle de vie des quartiers-nord-est de Caen.

14. Le Sel est-il lié à d'autres organisations ?

Non, le Sel est indépendant des partis, syndicats, églises ou groupements d’intérêts. Chaque membre doit agir dans le respect de cette indépendance et des convictions de chacun-e, en s’abstenant de tout prosélytisme politique, idéologique, religieux ou commercial.

15. Pourquoi ce nom « Esprit de Sel » ?

Nous avons choisi ce nom, en référence souriante et en forme de clin d'œil à la définition de l'ancienne chimie, qui désignait sous cette appellation un fluide très subtil ou une vapeur très volatile présente dans les corps mixtes et que les alchimistes de jadis croyaient pouvoir utiliser dans leur recherche de la pierre philosophale...

16. Comment contacter le Sel ?

Outre l'adresse électronique Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., une rencontre entre adhérents est organisée tous les premiers samedis du mois (sauf le mois d'août) au Pôle de vie des quartiers Nord-Est 15, place Champlain, 14000 CAEN.

Pour connaître toutes les dates et mieux, ouvrez la page "TOUS NOS RENDEZ-VOUS REGULIERS"

 

COMPLEMENT GÉNÉRAL

 

Premiers Sels créés au Canada dans les années 80 puis en Australie, Grande-Bretagne, Pays Bas...

Premier Sel en France en Ariège, en 1994.

Fin mai 2011, 417 étaient répertoriés en France métropolitaine, dont 11 en Basse-Normandie (3 dans le Calvados, 5 dans la Manche, 3 dans l'Orne) et 8 en Haute-Normandie (5 en Seine-Mariitime, 3 dans l"Eure).

Depuis lors, le nombre des Sel a encore progressé : ils étaient 440 en France début septembre 2011.

En Normandie, des projets sont en cours de réflexion ou d'élaboration.



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